1920, la Grande Guerre a détruit des familles entières, et laissé derrière elle ruines et désolation. Elle a aussi eu ses héros anonymes, ses héros de hasard.
Réfugié à la tête de son armée de mercenaires dans sa forteresse, au sud du Caucase, à Meghri en Arménie, près de la frontière iranienne, le prince-général cosaque Tigrane de Lambron est l’un de ces héros-là.
Qu’est ce donc que l’héroïsme sinon que d’avoir bravé la mort ? Chaque homme a ses secrets. Chaque homme a ses blessures. À quoi bon être devenu une légende quand au bout du compte on reste seul avec ses remords ?
Car Tigrane de Lambron n’aura pu sauver, lors du génocide de 1915, sa femme et ses deux fils : l’un est mort avec sa mère et l’autre a disparu. Ce dernier serait pourtant vivant. C’est du moins ce qu’il voudrait croire. Mais, ses recherches sont demeurées jusqu’alors vaines. Et il serait prêt à les abandonner.
Ce serait sans compter sur la conviction de ses proches. Ce serait également sans compter sur le destin.
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