Quand le sage montre la Lune, l’idiot regarde le doigt.

Dans les périodes troublées, vient le règne de la peur. Nous sortions d’une vague d’ouragans perpétuels. À peine avions nous essuyé les dégâts du précédent que le suivant menaçait avant que nous n’ayons eu le temps de nous remettre des séquelles du premier.

On nous assurait que tous ces ouragans avaient tous une même origine ; nos dirigeants pointaient du doigt le responsable, la source de nos malheurs que nous ferions payer tôt ou tard.

Dans les périodes troublées, vient le règne de la peur. Nous sortions d’une vague d’ouragans perpétuels. À peine avions nous essuyé les dégâts du précédent que le suivant menaçait avant que nous n’ayons eu le temps de nous remettre des séquelles du premier. On nous assurait que tous ces ouragans avaient tous une même origine ; nos dirigeants pointaient du doigt le responsable, la source de nos malheurs que nous ferions payer tôt ou tard.

En attendant, on nous recommandait de vivre confinés, de sortir le plus rarement possible, de ne plus nous déplacer, d’éviter même toute effusion car ces ouragans annonçaient la propagation de virus inconnus qui tuaient autant que les vents dévastateurs.

Nous restions donc assignés à résidence, contraints et forcés, par la situation et les directives de nos gouvernements agissant pour notre bien et notre santé. Dans les lieux plus confinés, ce que d’aucuns appellent les prisons, les condamnés à perpétuité ou pour des peines plus ou moins longues ne supportaient plus d’être privés de leur liberté de promenade ou de parloir. Certains se rebellaient contre cette double condamnation. Il est vrai que ces prisons étaient tellement surpeuplées que le malaise couvait depuis longtemps. D’ailleurs, le manque de places disponibles permettait à quelques justiciables plus ou moins influents d’éviter de passer par la case prison et de toucher les 20.000 €.

Dans sa mansuétude, la ministre des prisons (c’est sa nouvelle appellation) aurait décidé de libérer quelques détenus pour de menus délits tant qu’ils n’avaient pas de sang sur les mains. Sur Internet, des sources bien informées n’avaient-elles pas prétendu que Vlad le Moscovite avait lâché les lions dans les rues de sa capitale pour obliger la population à rester chez elle ?

On aime toujours nous faire regarder de l’autre côté pour nous convaincre que l’herbe n’est pas plus verte ailleurs. On appelle cela l’art de la diversion ! Il faudrait plutôt interroger nos vaches pour se faire une opinion sur la question. Mais personne n’a encore trouvé de journaliste assez peau de vache pour réaliser ce genre d’interview.

Les périodes troublées sont un moment unique de cohésion sociale. Enfin pour ceux que ne se confinent pas tout seul. Pour les cellules familiales, c’est un autre cirque ou un zoo, c’est selon. Il faut tenir en cage les petits fauves qui ne peuvent plus laisser librement cours à leur agitation. Les couples se font ou se défont derrière les grilles de leurs maisons. La patience est mise à bout de nerfs. Parfois, ça grogne ou ça hurle. Et le travail envahit l’intimité des uns comme des autres. Il ne reste donc que l’évasion sur les réseaux sociaux ou asociaux selon le point de vue choisi.

Lorsque l’incertitude du lendemain prévaut, la société des bienpensants s’arroge le droit de nous faire la leçon. Ce sont en général les saltimbanques du pouvoir ; les habitués des plateaux télé ; les pseudo-intellectuels autoproclamés ; ceux qui savent soi-disant tout mais ne nous apprennent vraiment rien ; les frustrés qui saisissent l’occasion de jeter de l’huile sur le feu de nos peurs.

Et il y a les bienveillants. Eux ne calculent pas, ne mesurent pas, donnent sans compter de leur temps, de leur expérience, de leur amour. Ils se projettent déjà dans un autre Monde. Ils pensent que chaque atome de vie, chaque parcelle d’humanité peut faire changer l’ensemble. Ce sont sans doute de doux rêveurs pour beaucoup. Mais je préfère le rêve au cauchemar.