L'humeur du jour...

Tous en Clèves...



En France, il suffit d'un mot pour que les médias, les intellectuels, puis la rue s'en emparent.

Le dernier en date peut paraître du réchauffé puisque, remontant des abîmes de 2006, il a été repris à l'occasion du Salon du Livre 2009. La pique venait de Nicolas Sarkozy. Et bien entendu, elle touchait à un "monument" de la littérature française : La Princesse de Clèves.

Le Président de la République a l'art de la formule. On est évidemment loin des phrases ampoulées d'une ancienne génération de politiciens, mais l'avantage est d'être "compris" par tout le monde.

Le mot compris doit être pris avec des pincettes, ce serait plus subtil avec des baguettes, selon qu'on se place dans une optique gastronomique hexagonale ou asiatique. Il faudrait plutôt utiliser le terme d'interpréter.

Encore que l'interprétation d'un propos peut prêter à rire, parfois jaune.

Le microcosme parisien est ainsi fait qu'il aime se démarquer par fantaisie intellectuelle des politiciens, que ceux-ci se prennent pour des intellectuels ou qu'ils s'en défendent.

Si Télérama, qui comme chacun sait est une parution hautement culturelle, m'avait interrogé sur mes livres préférés, j'aurai fait l'impasse sur le trio de tête, à savoir : La recherche du Temps perdu de Proust, Ulysse de Joyce et La Princesse de Clèves de Madame de Lafayette. J'avoue en avoir lu aucun. Question de goût ! Est-ce à dire qu'on est inculte dans ce cas ?

Certains l'interpréteront par l'affirmative, en arguant qu'il est de bon ton d'avoir ce type de lecture. Personnellement peu m'en chaut. La lecture est avant tout une émotion. On peut aimer l'Opéra sans être amoureux de Verdi ou la musique sans jurer uniquement par Mozart.

Essayer d'imposer des Fourches Caudines culturelles pour juger de l'intérêt d'une personne revient à faire de la dictature intellectuelle, ce qui au pays dit des Droits de l'Homme ne prête pas forcément à sourire, et encore moins à rire.

Cela est d'autant plus vrai qu'en France, 74 % des "Français" sondés sont, en ce 19 mars 2009, favorables à la Clèves, pardon à la grève. Alors pourquoi pas tous en Clèves... Désolé, ça devient un tic ravageur.

À un prochain billet !

Le 19 mars 2009

 

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Carl. E. Arkantz

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